Solidarité avec le Val de Suse

La Fédération Anarchiste de Chambéry, le Groupe Acratie et la CNT Savoie soutiennent la lutte engagée par les habitant-e-s du Val de Suse. Ce rassemblement a pour objectif d’exprimer notre entière solidarité avec les opposant-e-s au TGV Lyon-Turin, qui subissent la répression étatique de plein  fouet.

Depuis des années, les habitant-e-s du Val de Suse (vallée du  Piémont) s’opposent massivement au projet de nouvelle ligne TGV Lyon-Turin qui  inclut un tunnel de 52 km entre Saint Jean de Maurienne et Suse. La mobilisation  s’est amplifiée ces derniers mois pour empêcher le démarrage du chantier de la première galerie de reconnaissance côté italien. Plus de 80 000 manifestants le  16 novembre !

Depuis le 29 novembre, le village de Venaus, où doit commencer le  chantier, a été investi par 5000 personnes pour empêcher le début des  travaux. Face à eux, « les forces du désordre », en nombre, ont tenté  en vain de les déloger jusqu’au mardi 6 décembre. Ce jour là, à 3h30 du matin,  la police est intervenue avec sa brutalité habituelle pour détruire le camp de  résistance, entraînant une vingtaine de blessés dont plusieurs assez gravement  touchés, évacués à l’hôpital. Les habitant-e-s ont alors cessé le travail et ont  bloqué les routes et les trains toute la journée. Depuis, la résistance n’a pas  faibli, malgré la militarisation de la vallée, et le 6 décembre, 30000  manifestants ont réussi à réoccuper le site de Venaus. Chaque jour de lutte est  un pas de plus vers l’abandon de la nouvelle ligne Lyon-Turin.

Le Lyon-Turin est un projet pharaonique (au moins 13  milliards d’€uros) désastreux pour l’environnement et la vie dans des vallées  déjà surchargées d’infrastructures. Le chantier durera 20 ans avec son cortège  de camions supplémentaires et l’extraction de matières polluantes (uranium,  amiante).

C’est un projet qui s’intègre à l’Europe des capitalistes où le  transport de marchandises ne fera qu’augmenter pour produire au moindre coût, à  travers toute l’Europe, et augmenter les profits du patronat.

Le  Lyon-Turin nous montre également que les Etats et leurs représentants locaux ont  comme seul objectif de satisfaire le système capitaliste, qui les en remercie  grassement, au détriment de gens surexploités d’un côté et crevant de la  pollution de l’autre, tout en subissant les délocalisations de production. Les  coups de matraque et l’occupation policière, voilà le vrai visage de l’Etat,  voilà sa réponse aux luttes populaires !

En favorisant les lignes ferroviaires existantes qui traversent les  Alpes, en les développant et les adaptant, le ferroutage tant annoncé peut se développer dès aujourd’hui pour sauver des vallées asphyxiées par les camions.

L’urgence d’un transfert de la route sur le rail, c’est aujourd’hui et pas dans  15-20 ans ! Encore faut-il qu’il y ait une réelle volonté politique, alors que le fret SNCF est en constante diminution et que le lobby routier est tout  puissant.

Pour empêcher les productions et les transports inutiles, réévaluons  nos besoins réels. Favorisons également la production locale et sa consommation  sur place, qui limitera les transports.

Il s’agit donc bien de reprendre nos  vies en main, en reprenant le contrôle des modes et des choix de production, de  transport et de distribution, en les gérant directement, ici comme  ailleurs.

La lutte engagée dans le Val de Suse est aussi la  nôtre Solidarité face à la répression  !

Non au Lyon-Turin ! NO TAV  !

Fonte: Mailing List